Imprimer

MON CHEMIN SPIRITUEL VERS LA MECQUE partie II

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Après avoir quitté la Syrie , il avait séjourné quelques temps, en son chemin de retour en Europe,  en Turquie.  C’est ainsi que son premier voyage au monde islamique a pris fin.

Il raconte son état d’esprit à travers ses propres mots : « Alors que je prenais le train pour rentrer à Vienne, j’avais commencé à perdre mes souvenirs de mon séjour en Turquie, tout ce dont je me souvenais et m’avait réellement marqué était mes dix huit mois passés au monde arabo-musulman…j’étais choqué en me voyant entrain de voir la vie européenne, au sein de laquelle j’ai vécu toute ma vie, comme si elle m’était étrange. Elle m’avait semblé énormément affreuse et j’avais trouvé le mode de vie européen dénudé de toute raffinerie ou délicatesse. J’avais pris conscience que ce que font les gens n’est pas en entente avec ce qu’ils sentent, j’avais compris que malgré leur apparence à être en harmonie avec leur esprit, ceci n’est, finalement, qu’un beau déguisement dans un monde d’apparences et de frime illusionnées. Mon séjour entre les musulmans m’a permit de changer mon angle de vision et compréhension des choses que je pensais importante et prioritaires. A ce moment là, je commençais à penser que d’autres Européens étaient amenés à vivre au sein de la pensée et la culture musulmane, leurs est-il arrivé la même chose que moi ? Sentaient-ils qu’ils étaient touchés aux profondeurs de leur esprit et âme ? » [178-179]

« Je suis resté quelques jours à vienne. J’ai fêté ma réconciliation avec mon père qui s’était fâché après ma rupture avec mes études universitaires, mais il se trouvait par la suite enchanter grâce à mon sucée et ma réussite comme correspondant au sein d’un des plus prestigieux journaux en Europe à l’époque (Frankfort.T). Il avait trouvé que ces réalisations étaient une concrétisation de mes rêves d’atteindre le sommet de la célébrité » [179].

«Je suis, par la suite, rentré à Frankfort pour se présenter personnellement au siége du journal dont j’étais le représentant à l’étranger le long d’une année. Je faisais ceci avec une large confiance en soi, car toutes les lettres que je recevais de Frankfort me communiquaient la satisfaction et l’enchantement des responsables et des lecteurs de mes articles » [180].

« Être un correspondant célèbre, de mon âge, dans un journal comme celui auquel je m’affiliais, se considérait comme une source d’orgueil et de réussite professionnelle. Tous mes articles sur le Moyen Orient étaient toujours bien accueillis de la part de tous les rapporteurs du journal, cependant je n’avais senti ma vraie réussite que lorsque j’avais écrit un article sur la crise [politique] du Moyen Orient à la Une du journal » [182].

« Parmi les avantages que j’ai recueillis de mon travail au sein de ce journal était, principalement, la maturité de la réflexion et la vision claire de ce qui m’entourait. J’avais, donc, commencé par comparer mon expérience à l’Orient avec les caractéristiques du monde occidental auquel je faisais, de nouveau, partie. Je méditais qu’il y avait seulement des mois, je touchais de près l’équilibre et l’harmonie existante entre la passibilité spirituelle et sentimentale qui règne sur les âmes des musulmans et leur croyance; ceci m’avait permit de saisir que la déstabilisation psychique et le désordre comportemental dont souffre l’occident ne pourraient être que l’amer fruit de l’absence de la religion, fondement sur lequel s’est construite cette civilisation. C’est vrai que le monde occidental n’a pas nié l’existence de Dieu, mais il ne lui a jamais donné une place dans sa pensée humaine » [182].

Après son retour en Europe de son voyage à l’Orient, il sentait un profond ennui. Sa mélancolie était celle d’un chercheur qu’on avait obligé d’interrompre ses investigations avant de goûter le fruit de son exploration.

Il aspirait revenir de nouveau au Moyen Orient et il avait pu réaliser l’objet de son désir vu que son directeur Dr. Henri Simone l’avait chargé, après avoir vu en lui un correspondant de qualité, de l’être encore une fois au Moyen Orient.

Il revint de nouveau au Moyen Orient….il se balança entre les terres et l’air d’Egypte, de Syrie, d’Iraq, d’Afghanistan et d’Iran…   

Il passa deux merveilleuses belles années d’exploration spirituelle…

Il goûta la splendide profondeur de sa rencontre avec son âme…la vraie.

Cette fois il revint, mais avec une âme marquée, un esprit posé, un cœur soif et une logique qui réfute les priorités de sa vie passée dans le berceau et la genèse occidentale.

Devais nous explique : « Évidemment, l’Homme Occidental s’est donné corps et âme aux doctrines matérialistes perdant toute homogénéité logique avec les éléments de l’entourage dont il fait partie. La vie est devenue, pour lui, un grand et large mystère. L’individualisme s’est converti, déjà, en sa devise d’existence et la fuite de ses semblables [êtres humains] et fait partie, il y a longtemps, des règles de l’étrange citoyenneté occidentale. L’endurance de cette réalité de solitude très peu consolante, l’a surtout poussé à vouloir maîtriser les éléments qui lui sont extérieurs……pauvre réconciliation pour son échec à maîtriser ceux intérieurs et à atteindre le degré de passibilité spirituelle ! » [373]. 

« Psychologiquement, cet acharnement à vouloir à tout prix maîtriser les aspects matériels de la vie, vient surtout de l’instabilité et l’insécurité d’âme qu’il ressent de manière persistante. Le revers de la médaille du pacte du développement matériel, expose clairement sa lutte continuelle pour subvenir à la nécessité de se mettre à l’abri de l’inconnu [chose qu’il n’arrivera jamais à se procurer] » [373]. 

« Très illogiquement, cet homme occidental, a refusé de donner une dimension spirituelle à son âme et a accepté avec tout enchantement de tourner son dos à tout fondement religieux, mais, en revanche, a vu juste de faire de l’essor industriel et robotique un allié lui donnant de la sorte toutes les dimensions de son esprit y compris celles spirituelles et religieuses……Il a mit son âme en des circuits électriques et des combinaisons mécaniques et s’est penché sur toutes les possibilités de leur maîtrise et perfection…… A t-il vu, réellement, juste ?! » [373]. 

« Arrive t-il à réaliser ses objectifs matériels de la sorte ? Oui, mais douloureuse concrétisation soit t-elle ! Elle ne cessera point de lui créer, cumulativement, d’autres ordres de besoins infinis, la sensation d’incapacité de maîtriser l’inconnu et la soif de l’innovation désorientée……ceci, sans pour autant qu’elle remplisse le rôle basique qu’il lui a imposé……celui de lui produire la sécurité, la stabilité, la tranquillité d’esprit et la quiétude d’âme » [373]. 

« Dans cette asphyxie alarmante au sein de ce royaume d’alourdissement matériel, l’Homme occidental a désormais perdu toute capacité de réaliser l’équation d’équilibre entre ses besoins matériels et sociaux et ses attentes et espérances spirituelles……il a, si arrogamment, barré toute notion de pensée religieuse de sa vie, tout en étant incapable de se constituer, avec toute la révolution culturelle et la révolte philosophique qu’il a hébergé, un substitut digne de remplacer la constitution Divine [absurde soit t – il ce défi où la créature défie son créateur !]……C’est pour ce, qu’il se voit, douloureusement, l’acteur principal dans la scène journalière du théâtre de la misère spirituelle » [373]. 

« Quel triste tableau à décrire, lorsqu’on contemple l’occident guidant cette locomotive effrayante d’essor immodéré au sein duquel se perd toute considération des profonds joyaux de l’âme……quel triste tableau à exposer, lorsque cet occident suppose, par conviction, que ce développement matériel ou encore cet anéantissement spirituel guidera l’humanité à l’exultation absolue……quel triste tableau à méditer, lorsqu’il croit, maladroitement, que tous les problèmes de l’humanité peuvent intégrer l’étroite boucle algorithmique ou la myope analyse économique » [373].

Au cours de ce deuxième pèlerinage spirituel, il avait appris à parler, irréprochablement, l’Arabe ; une maîtrise linguistique qui lui a permit de voir l’Islam, cette fois, de l’angle d’origine de tout un patrimoine religieux et culturel. Il avait donc substitué ses références orientalistes par ceux islamiques et arabes.

La maturité dont il se dotait lors de cette phase de transition, l’avait aidé à réaliser que chacun détient la clé de la libéralisation de son esprit du mauvais sort de la sorcellerie occidentale…celle de l’amour excessif de la matière. Il avait compris que toute personne est capable de rencontrer les profonds joyaux spirituels de son âme, si elle se libère de son égocentrisme matériel en mettant sous l’examen de la loupe de la sagesse son mode de vie superficiel……mais surtout il avait inclut que l’averti et le sage est celui qui étudie l’Islam en le neutralisant de toutes les charges négatives que lui a collé l’occident à travers l’histoire.

« Penser en l’Islam, ses bases et fondements, c’est tout ce qui me préoccupait à l’époque...j’étais un explorateur, et mon océan était l’Islam. Chaque jour passé, s’ajoutaient des connaissances à ceux que j’assimilais, chaque jour passé je me trouvais en rencontre avec mon âme et je me rendais compte de l’une des pensées qu’elle berçait depuis bien longtemps et qui s’épousait en parfaite harmonie avec le gant velouteux de la pensée spirituelle islamique » [255].

Sa conviction quant à sa proximité de trouver une réponse guérisseuse aux mille et une questions qui lui hantaient l’esprit, s’agrandissait de jour en jour. Dans ce sens il dit : « Je n’avais jamais senti auparavant la douceur de cette placidité et sérénité d’âme que m’avait procuré l’Islam……cette entente magique entre l’être humain et son entourage …ce qu’avait, péniblement, perdu l’occident » [238.

Dans cette fusion d’entente et de méditation, Jean Paul était, surtout, guidé par Sa volonté d’accepter l’autre sans se référer aux préjugés, de chercher la vérité Divine et de constituer une propre vision de l’Islam.

Jean Paul nous explique :« L’occident voit en l’Islam la source de la détérioration des peuples musulmans……Il imagine que le développement de ces derniers est étroitement lié par la perspective de l’abandon de leur religion. Très contradictoirement, ma propre expérience et mon profond et objectif examen des principes de l’Islam autant que mode de vie, m’avait permit de voir, si clairement, que cette détérioration est, à l’inverse, causée par leur inaptitude à suivre ce qu’était prescrit par l’Islam comme « constitution Divine ». Ceci dit, l’occident doit saisir que ce même Islam, qu’il méprise tant, qui avait ramené les musulmans à travers de longs siècles à toucher les sommets de la civilisation et de la culture……j’avais souligné, encore une fois, que ce que donne l’occident comme image de l’Islam, n’est en fait que celle qu’il veut donner ou qu’il croit comprendre » [243 – 244]. 

« L’Islam sera toujours un vrai catalyseur du développement humain, culturel et sociétal, comme Il a été derrière toutes les fabuleuses et positives transitions dans l’histoire humaine. L’Islam enseigne toujours aux êtres humains la nécessité de la recherche et du savoir et chasse constamment l’ignorance……encourage le travail et réfute la paresse et la passivité……. dit « oui » à la foi et à la vie et « non » à la pléthore religieuse. Pour toutes ces profondes notions et valeurs, l’Islam a pu, à travers le temps, être la source de vie de plusieurs dans les quatre coins du monde……il a pu capter et capte toujours des peuples qui ont creusé longtemps dans les sources de l’église de saint Augustine, car ils avaient, tout simplement, trouvé en lui, la vraie source spirituelle logique  et harmonieuse……c’est pour tout ceci, que la diffusion de l’Islam avait été des plus rapides sous le drapeau du libre choix et non sous la force de l’épais, comme confondent plusieurs ».

« Mon attachement à l’Islam était très spontané, intuitif et pénétrant. Ses principes m’étaient comme propres depuis la nuit des temps et ses valeurs s’épousaient en parfaite combinaison logique avec mon esprit. Ceci se faisait sans le moindre effort, car il est, tout simplement, légiféré [par L’infinie connaissance Divine] pour s’unir avec ma nature d’être humain [sa créature]….…J’avais noté un majestueux équilibre de notions et de pensées, une profonde ingéniosité de législation et une généreuse source de bien être……Enfin, telles étaient les caractéristiques de la religion universelle » [381].

« L’adhésion et l'alignement à l’Islam, comme constitution de vie et civilisation, contrairement à toutes les dimensions de la pensée humaine et les civilisations qu’avait accueilli le globe, était et est toujours,  le fruit de la volonté et du plein gré de ses populations et fidèles. Cette sincère volonté et ce pur amour des musulmans  de l’Islam, tient, admirablement, comme source leur croyance en Dieu [Allah] concrétisée par l’assiduité dans l’accomplissement de ses prescriptions…….Dieu ne contraint point de suivre son chemin de Droiture, toutefois, l’Islam et les musulmans (dans les quatre coins du monde) constituent un splendide exemple de fidélité et de respect d’un contrat sociétal, spirituel et moral entre eux et Dieu » [380 – 386].

« Comprenant le diamant noyau de l’Islam, je ne me voyais plus étonner lorsque je trouvais que, le long de quelques années, l’Islam s’était largement propagé faisant de milliers et de milliers d’associés dans ce contrat Divin……Toutefois, profonde était ma tristesse, lorsque je me rendais compte que cent ans après que le prophète [que les Bénédictions et la Paix de Dieu soient sur lui]  soit décédé, les piliers de la pensée musulmane, génération après génération, commençaient à perdre leur capacité à préserver la pure application des principes et valeurs de l’Islam……Ils ont cessé de faire de l’Islam, en de grandes parties de la vie, leur source d’innovation laissant ainsi la place à d’autres à le faire maladroitement, alors qu’ils sont les mieux placés pour occuper cette place d’orienteur de l’humanité……Dans ce sens, J’avais saisi que la force et la profondeur de la pensée de l’Islam, à elle seule, est une authentique locomotive pour mettre la civilisation musulmane, en tous les temps, au sommet du globe. C’est pour ceci que tous les historiens du monde ont vu dans l’ère du prophète Mohammed et Ses califes, l’ère d’or des musulmans » [380 – 386].

« Accueilli quatre ans par les terres musulmanes, j’avais conclu que les musulmans se sont éloignés, partiellement, du vrai Islam et de sa vraie voie, ce qui a causé un sérieux retard quant à faire renaître ces années d’or de toute l’humanité, mais la source d’optimisme la détiennent toujours : l’Islam et les instructions du prophète (que les Bénédictions et la Paix de Dieu soient sur lui). Dans ce contexte, j’avais vu dans ce valeureux système Divin, non seulement la clé qui fera la renaissance du succès musulman, mais aussi la seul et unique qui est entre les mains de l’humanité pour régler sa foule de crises……des crises dont souffrent notamment mes origines, celles de la parfaite absence d’une  vision claire et d’ensemble de la vie, du mal et du bien » [380 – 386].

« J’avais vu sincèrement en l’Islam le vrai contrat humain, spirituel et sociétal qui pourra réunir et unir les individus de ce large espace qu’est la terre……j’avais vu en lui, la solide et la logique vision qui expliquera aux adeptes du mouvement matérialiste désorienté, que l’essor matériel est important mais il n’est pas un objectif en lui même……de la sorte, l’humanité garantira sa guérison de cet asthme spirituel causé par l’asphyxie du monde matériel » [380 – 386].

A ce stade, cet explorateur de l’Islam se dotait d’une large et mûre connaissance lui permettant de pourvoir distinguer entre ce qui est de l’Islam et les phénomènes et comportements qui se font en son nom. De ce mode, il était capable de faire librement de l’objective critique, comme était le cas vis à vis des cercles d’invocation soufies qu’il avait longuement observé lors de son premier voyage en Turquie à la mosquée « Soukutaï ».

Dans ce sens et après avoir eu un profond contact avec les vrais soubassements de l’Islam lors de son deuxième pèlerinage aux terres musulmanes, il expose ses réflexions comme suit : « Je me rappelais ce cercle d’invocation que j’avais observé en Turquie à la mosquée « Soukutaï » il y avait quelques mois et je me rendais compte que l’atmosphère spirituelle qui l’entourait ne tenait aucune relation avec l’Islam. J’avais déduit que ces cultes lui étaient étrangers, elles ressemblaient beaucoup plus aux cérémonies et aux pensées religieuses hindous et chrétiennes…J’avais noté, clairement, qu’alors que ces cultes étaient basés sur l’émotion exagérée, l’Islam nous souligne constamment que l’assise solide de la vraie croyance est celle de la raison, car l’émotion n’est nullement protégée contre les simples changements de l’état d’âme… » [253].

Mohammed Assad (son nom après sa conversion à l’Islam) a écrit après quelques années de cette méditation : « L’Islam, ce Divin édifice…Je le vois comme une fabuleuse construction dont les différents éléments présentent, harmonieusement et en un silence glorieux, une parfaite complémentarité les uns pour les autres……il est une authentique équation spirituelle absolue et équilibrée, c’est cette même harmonie et logique qui m’avait capté depuis le tout début et qui a séduit tout mon être : âme et raison. J’avais apprit le maximum que je pouvais de l’Islam; j’ai lu le Coran et la Sunna Prophétique , son histoire et sa civilisation, les écrits qui étaient pour et contre……J’avais séjourné le long de six années de recherche et de méditation me balançant entre la Mecque , la Médine et leur entourage, pour pouvoir avoir un contact direct et réel avec l’Islam, ses terres et ses fidèles. Ce mesclun d’expériences et de connaissances, m’avait ouvert les yeux sur la réalité selon laquelle cette religion comme voie d’orientation sociétale et morale se manifeste toujours [et le restera] comme la plus puissante et profonde des locomotives spirituelles et civiques qu’a connue l’humanité ». Islam At The Crossroads ED.1982-12.

partie III

voir aussi partie I